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Un Airbus dans l'Hudson River

Vol à voile et avion de ligne : l’évitement d’un crash ! 

Quand un airbus amerrit dans l'Hudson River

Dans un article élogieux pour le vol à voile, un journaliste du Monde explique que le pilote américain qui a sauvé ses passagers en posant son Airbus dans l’Hudson River, doit sa prouesse à la pratique du vol à voile.

L'amerrissage de l'Airbus A320 sur l'Hudson River, à New York, le 15 janvier, mérite un brin d'analyse. Un amerrissage impeccable, 155 passagers sains et saufs, un pilote, Chesley Sullenberger, salué à la mesure de la performance, et les images de ce grand engin, victime des oiseaux, flottant au milieu de petits bateaux. Un rien de nomadisme radiophonique (puis télévisuel) fait apparaître deux constantes. D'abord, l'âge du capitaine : 58 ans le 23 janvier. Elles n'en reviennent pas, toutes ces voix juvéniles. C'est un fait bien établi : à 58 ans, en 2009, l'humanoïde sucre mieux les fraises qu'il ne tient un manche à balai.

Il « yoyote » et trottine vers le square.

Chesley Sullenberger

Airbus 1 

Ensuite, un cri du coeur : « C'était un ancien de l'US Air Force! » L'armée de l'air comme fantasme, la chasse comme désir. En vrac, Guynemer, Saint-Ex et Snoopy aviateur : serre-tête noir, l'écharpe en drapeau, les yeux mi-clos par le vent, le rire de jouissance féroce, mais mâchoire serrée, et le Baron Rouge comme meilleur ennemi.

De fait, Chesley Sullenberger, 58 ans, vient de la chasse. Mais, renseignement plus précieux que l'on glane à la « une » du Monde (17 janvier), Chesley Sullenberger est pilote de planeur. En anglais, le planeur se dit glider (« glisseur »), en espagnol, on parle de vuelo sin motor (vol sans moteur) ou de volo a vela (vol à voile). Le vol à voile, cet art. Les planeurs comptent au nombre des plus belles sculptures volantes.

Une fois remorqué à disons 500 mètres par l'avion qui le tire en bout de câble, le pilote (le vélivole) actionne le crochet qui le libère et évolue de ses propres ailes. Il peut gagner des milliers de mètres en altitude, aller de Francfort à Biarritz sans un bruit, tenir en l'air autant que la situation aérologique et les remontants lui en offriraient la possibilité (interdit désormais de s'attaquer au record de durée), mais ce ne sont là que performances. Elles comptent peu à côté du pur plaisir de voler. Jeux de vent, de montagne, de nuages, d'ascendances et de peurs. La planète surprise en souplesse.

Le planeur exige un doigté de bassiste, un son à la Chet Baker, une morale sans vanité. Plus cette sensualité aux éléments qu'on appelle, faute de mieux, « piloter aux fesses ». L'avion, avec son brave moteur, pardonne tout. En planeur, on n'est jamais sûr de rentrer au terrain. Les dieux du ciel choisissent. Il faut donc, à tout instant, être prêt à se poser en campagne (« faire une vache »). Ce qui suppose une disposition d'âme assez singulière. Il faut savoir se poser au mètre près, ne compter sur aucune ressource parce qu'on serait un poil trop court ou carrément trop long. Dans les deux cas, c'est le crash. En avion de ligne, écoutez toujours votre pilote, en prise finale. On les reconnaît, ceux qui se posent à petits coups de gaz, comme ces automobilistes qui ne conduisent qu'aux freins.

Sur les terrains, on regardait toujours d'un drôle d'oeil les pilotes de chasse ou de ligne qui passaient leurs congés à faire du planeur. Pourquoi ? Pour retrouver la précision, les sensations, l'exactitude.

Et la joie, la pure joie de voler. C'est à ces qualités que Chesney Sullenberger doit d'avoir su amerrir comme on pose un planeur. A la limite du « décrochage » - 160 km/h : à 158, l'avion s'abattait, le fuselage brisé au premier impact -, en léger arrondi, la queue effleurant l'eau d'abord, très léger cabré, puis, tout doucement, le corps de l'appareil jusqu'au nez. Un internaute, sous le titre qu'il croît terrible de « techniques de l'aliénation », ne trouve qu'à cracher : « C'est son job. Il est formé pour ça ». Et de pester contre l'incorrigible crétin, l' « homme » qui s'émeut d'un rien. Le « job », la formation « pour ça » : pauvre aliéné de la technique qui s'ignore. Il semble que l'aventure de l'Hudson River exige plus de musicalité.

Le MONDE, 2009

Image virtuelle de l’Airbus en phase d’amerissage

Airbus 2

Ci-dessous un lien vers une vidéo explicative du déroulement des opérations avec les contacts entre la tour de La Guardia et le commandant de bord dont on admirera le flegme.

Il annonce qu'il va se poser dans l'Hudson River comme s'il commandait une tasse de café!

http://www.dailymotion.com/video/x8a8wu_10-mins-of-cockpit-audio-video-huds_news